Retour aux sources
En 1996, Lyna et son conjoint Éric prennent l’une des décisions les plus importantes de leur vie: quitter Montréal pour s’installer sur la terre familiale des grands-parents de Lyna à Notre-Dame-de-Lorette au Lac-Saint-Jean. Leur idée? Fonder une famille et redonner vie à la terre patrimoniale abandonnée depuis 40 ans.

Maraîchers en herbe
Lyna a alors 23 ans et est adjointe juridique. Éric, électricien de métier, en a 22. Vivre de la terre s’est imposé de façon toute naturelle. «Éric et moi ne connaissions absolument rien de la culture des petits fruits mais nous étions tous les deux passionnés par l’agriculture en général. Nous avons tout appris sur le terrain». Les jeunes entrepreneurs obtiennent dès le départ le soutien de la SADC Maria-Chapdelaine. «Nous avons pu profiter du programme Stratégie Jeunesse qui se mettait alors en place à la fin des années 90. Ça nous a aidé à partir et notre complicité avec la SADC n’a fait que grandir par la suite».

La terre familiale des grands-parents de Lyna à Notre-Dame-de-Lorette au Lac-Saint-Jean

À l’avant-garde
La SADC Maria-Chapdelaine est la première porte à laquelle ont frappé Lyna et Éric. Pour eux, il s’agit d’une entreprise visionnaire qui a su profiter d’un contexte pour saisir des opportunités. «À la fin des années 90, il y avait une fuite des quotas laitiers et de nombreuses terres étaient à l’abandon. Il fallait faire quelque chose pour revitaliser certains secteurs de notre MRC. La SADC, avec d’autres partenaires locaux, a alors initié une démarche expérimentale misant sur la diversification des productions. Nous avons tenté alors d’identifier des espèces et les meilleurs cultivars pour notre région –comme la cerise à grappe, le noisetier, l’amélanchier– et de voir comment ils produiraient dans notre nordicité», affirme Jean-François Laliberté, directeur général de la SADC Maria-Chapdelaine.

Une dizaine de producteurs se sont alors joints à la démarche de la SADC –regroupés dans Les Jardins Maria-Chapdelaine– pour expérimenter une grande variété d’espèces et de cultivars. «En 2001, on a débuté par la culture de framboises et d’amélanches. Lentement, on a intégré les fraises et bleuets sauvages pour finir par ce qui est aujourd’hui notre spécialité, la camerise», mentionne Lyna. 

« Originaire de Russie et de Sibérie, la camerise possède de formidables propriétés anti-oxydantes. Son goût? «Un mélange de mure, de rhubarbe, de cerise et de canneberge. C’est comme une explosion de petits fruits en bouche». »
 Lyna Bouchard

Petite échelle
L’idée de Lyna et Éric est de faire de la culture bio à petite échelle. Après avoir transformé leurs petits fruits en marinades et tartinades de toutes sortes, Lyna et Éric se lancent dans la production d’alcools fins de petits fruits en 2012. «Nous avons bénéficié d’une formation de base en fabrication de boissons alcooliques. C’est ainsi qu’Éric est devenu notre maître de chaie. Nous avons maintenant plusieurs alcools sur le marché une cave à vin pour l’élevage, ainsi qu’une boutique du terroir qui offre nos alcools».

Marinades et tartinades bios de toutes sortes

Alcools fins de petits fruits

« En 2014, notre crème de camerise a fait une entrée remarquée à la SAQ. »
 Lyna Bouchard
L’agrotourisme
Depuis 2015, Lyna a intégré à la ferme un volet éducatif et artistique. «Aujourd’hui, on vient ici pour vivre une véritable expérience d’agrotourisme. Nous avons une boutique, nous invitons des conférenciers, nous faisons des ateliers de formation y compris des mini-ateliers de peinture sur demande», mentionne Lyna qui manie aussi spatules et pinceaux. Leur prochain projet? «Nous souhaitons intégrer de l’hébergement à petite échelle afin de compléter notre offre». Complice de la première heure, la SADC est toujours là pour eux. «Au fil des ans, ils nous ont supporté dans tous nos projets. Que ce soit pour le montage de notre plan d’affaires, la recherche de financement ou pour évaluer le seuil de rentabilité de nos projets».
 
 
Boutique qui accueille, entre autres, des conférenciers et des ateliers de formation
La relève
Leur volonté est de demeurer une petite entreprise familiale. Leurs deux enfants, Matis (15 ans) et Samec (17 ans) sont déjà impliqués dans l’entreprise. «Matis est un pro de la récolte tandis que Sameck est animée par la mise en place d’événements. «Des entrepreneurs comme Lyna et Éric, fonceurs et déterminés, méritent notre respect et tout notre appui», affirme Jean-François Laliberté.
 
« Depuis plusieurs années, la relève en agriculture est un enjeu de taille. Avec la SADC, une douzaine de partenaires du monde agricole et économique ont lancé, en 2015, la Stratégie Agri-relève Maria-Chapdelaine pour y favoriser le transfert et l’établissement de la relève agricole. »
 Jean-François Laliberté
 
 
 
L'Hébergement, en tipi ou autres, viendra compléter l'offre éventuellement
 
UN CONSEIL À DONNER
Suivre son coeur, son intuition, sa passion.
 
UN PIÈGE À ÉVITER
Sous-évaluer l'importande de la localisation. En région èloignée, il faut faire plus d'efforts encore pour se développer.
 
 
Domaineloreedesbois.ca