Dans la Vallée de Gatineau, la Coop Gracefield est un modèle d'entrepreneuriat. À la lumière d'une étude sur la clientèle de villégiature réalisée par la SADC locale, Jean-Serge Rochon n'a pas hésité à adapter son offre à l'ADN de sa collectivité. Résultat? Ils sont désormais plus nombreux à se sentir ici «chez eux».

À 90 km au nord de Gatineau-Ottawa, Gracefield se compose de résidants et de villégiateurs qui, chaque été, font grimper la population de 2500 à 20000. Ces résidants de passage – souvent propriétaires de chalets – y dépensent localement des sommes considérables. «Ce sont loin d’être des touristes», mentionne Pierre Monette, directeur général de la SADC Vallée de la Gatineau. «Les villégiateurs paient des taxes municipales et méritent qu’on les considère comme des résidants à part entière». Bien que certains villégiateurs fassent partie de la collectivité depuis des années, aucune donnée ne permettait toutefois de cerner qui ils sont et quelles sont leurs habitudes de vie. La SADC s’est chargée de corriger le tir.

Résidants à part entière 

En 2005, la SADC Vallée de la Gatineau a donc mené une étude visant à mieux comprendre le phénomène de la villégiature sur son territoire. «Par le biais de sondages et de nombreux focus groups, l’étude - à la fois qualitative et quantitative - a identifié certaines failles qui nous ont amené à adapter notre offre de services», résume Pierre Monette de la SADC. «Résultats en main, nous avons ensuite mené une importante campagne de sensibilisation et de mobilisation auprès des entreprises de la région qui ont vu une opportunité à saisir pour augmenter leur rendement et la satisfaction de ce segment de clientèle». Le résultat? Les dépenses des villégiateurs qui étaient de l’ordre de 23 millions en 2005 sont passées à 52 millions en 2014. «Ce qu’on l’on sait plus clairement aujourd’hui, c’est qu’ils recherchent quelque chose d’authentique et de différent. Entre la grande surface et la quincaillerie du coin, leur préférence pour l’artisanal et le local est sans équivoque», poursuit Pierre Monette. Voyons un peu comment la Coop Gracefield a su tirer son épingle du jeu.

Une Coop qui s’adapte

L’étude de la SADC a définitivement servi de bougie d’allumage pour la Coop Gracefield. «Dès 2006, nous sommes déménagés sur une artère plus commerciale offrant une plus grande visibilité et facilité d’accès. Nous avons construit à neuf un magasin et des entrepôts. Nous avons ouvert une boutique déco de 1000 pc à l’intérieur du magasin, élargi nos heures d’ouverture de même que la gamme de nos produits afin de satisfaire à la demande des villégiateurs», résume Jean-Serge Rochon, directeur général de la Coop depuis 1984.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jean-Serge Rochon dans sa quincaillerie

 

Fondée en 1939, La Coop Gracefield fut longtemps à vocation essentiellement agricole. «En 1974, l’entreprise a pris un tournant en ajoutant le volet matériaux de construction. Aujourd’hui, 90% de notre chiffre d’affaires est lié à la quincaillerie et à la construction». Depuis 2013, la Coop Gracefield opère sous la bannière BMR.

Une offre plus ciblée

Ainsi, l’étude de la SADC a permis à la Coop de s’ajuster pour mieux répondre aux besoins des villégiateurs qui souhaitent des produits plus tendance et surtout, de l’efficacité. «Nous avons introduit l’étiquetage électronique, bonifié l’inventaire de matériaux de rénovation – dont l’ajout d’une importante salle de montre en plomberie – et avons mis la main sur des produits beaucoup plus ciblés, souvent plus technologiques», ajoute Jean-Serge Rochon. Pourquoi faire tout ça? «De mai à octobre, les villégiateurs représentent 72% de notre chiffre d’affaires. C’est une clientèle locale importante qu’on doit reconnaître comme tel». Malgré un succès d’affaires éminent – son chiffre d’affaires est passé de 3 millions en 2006 à 7 millions en 2019 – la COOP Gracefield souhaite demeurer profondément humaine et 100% authentique. «Certaines personnes travaillent ici depuis plus de 40 ans. Ce sont des gens de la place. Ils connaissent les clients du coin par leur petit nom». Même celui des villégiateurs!

« Un conseil pour réussir: Tout commerce saisonnier doit pouvoir se montrer créatif durant les périodes creuses pour bien planifier le boom de l’été. »
 Jean-Serge Rochon
« Un piège à éviter: Éviter de s’emballer trop vite quand tout va bien. Prévoir le pire, c’est savoir se réjouir quand survient le contraire. C’est le comptable en moi qui parle. »
 Jean-Serge Rochon

Les SADC et CAE, ce sont plus de 400 professionnels et au-delà de 1000 bénévoles qui travaillent depuis plus de 35 ans au développement économique des régions du Québec. Leur mission? Soutenir des projets et des entreprises innovantes pour des collectivités prospères. Pour mieux connaître l’impact de ce réseau, Groupe Capitale Médias est fier de vous présenter quelques histoires à succès.

www.bmr.co/fr/la-coop-gracefield