RELÈVE D’ENTREPRISE: QUAND LE TRANSFERT TOURNE MAL
Publié par sadcstaging
Description du webinaire
Description du document
Description du lien

Parfois, le cédant ne veut plus partir ou, à l’inverse, doit passer le flambeau plus tôt en raison de problèmes de santé. Des malentendus peuvent aussi prendre des proportions considérables dans le processus de transfert. Que peut faire le repreneur lorsque les choses tournent mal ?

PRÉVENIR

Évidemment, mieux vaut prévenir les situations problématiques. « C’est important de s’assurer que chacun comprend bien de quoi il retourne, indique Michel Paradis, conseiller senior au Centre de transfert d’entreprise du Québec. Par exemple, on peut rappeler en fin de rencontre ce sur quoi nous nous sommes entendus. C’est très important, surtout au début. »

Un grand soin doit aussi être porté à la rédaction des documents de vente. « Les papiers sont super importants, tranche Benoît Cochet, directeur général de la SADC d’Antoine-Labelle. Il faut des ententes écrites pour bien construire la base. Lorsqu’il arrive des problèmes, il faut avoir la marge de manoeuvre pour prendre les guides de l’entreprise. »

CHOISIR UN INTERVENANT NEUTRE

Pour économiser, certains entrepreneurs sont parfois tentés de faire appel au comptable et à l’avocat de l’entreprise pour le transfert. Or, ce choix pourrait s’avérer néfaste, surtout dans le cas d’une transaction familiale. « Le côté émotif est beaucoup plus présent, souligne M. Paradis. C’est donc important de se faire accompagner par un tiers, que ce soit un consultant ou un autre professionnel. Plus on obtient une opinion extérieure et neutre, moins il y a de risque qu’elle soit contestée. Avoir quelqu’un qui peut nous guider froidement dans les étapes à suivre augmente considérablement les chances de succès de sa relève d’entreprise. »

MAINTENIR LA COMMUNICATION

Couper les ponts en cas de problème ne contribue pas à le régler. « Lorsque ça commence à être lourd, on peut aller vers un conseil de famille ou un conseil d’administration et travailler à partir du plan stratégique », recommande Sylvie Huard, fondatrice du Groupe Relève Québec. Sinon, elle suggère de s’adresser à un médiateur spécialisé dans le monde des affaires. « En les accompagnant, il peut amener les parties à trouver elles-mêmes la solution à l’enjeu, note M. Paradis. Parfois, c’est simplement un détail d’incompréhension qui n’a pas été réglé. On voit ça gros, puis la balloune se dégonfle d’une manière assez extraordinaire. »

PRÉVOIR LA RELÈVE

La collaboration du cédant est souhaitable pour assurer une transition en douceur. Les conditions doivent cependant avoir été fixées clairement au départ. « Souvent, le vendeur doit partir après six mois, constate M. Cochet. On ne conseille pas qu’il reste trop longtemps. » Mieux vaut aussi prévoir des mécanismes pour agir plus rapidement s’il salit le repreneur auprès des employés et des clients parce qu’il est frustré, par exemple, précise-t-il.

Si le cédant doit partir plus vite que prévu, pour des raisons de santé notamment, le repreneur doit s’appuyer sur les employés-clés. « Ils vont se sentir impliqués et ce sera bénéfique », estime M. Cochet.

LÂCHER PRISE

En cas de conflit, le repreneur doit parfois apprendre à lâcher prise. « L’entrepreneur doit consacrer son énergie à faire avancer l’entreprise, estime M. Cochet. Il ne devrait pas en faire une bataille personnelle. Une entente financière est souvent moins dommageable que de s’entêter à dire qu’on a raison. »

Même chose si le cédant refuse finalement de vendre. « Si le repreneur souhaite encore acquérir l’entreprise, il devrait essayer de comprendre ses raisons, souligne M. Cochet. Il peut ensuite le mettre en lien avec des experts comme un planificateur financier ou un psychologue industriel, selon la situation. » Sinon, il suggère au repreneur de demander un dédommagement pour le temps et l’argent investis dans le processus.